cours de piano Bach

Bach, Préludes et Fugues

Jean-Sébastien Bach (1685-1750) est un musicien et compositeur allemand reconnu aujourd’hui comme l’un des meilleurs organistes de son époque. Attaché et fidèle à son pays (contrairement à d’autres compositeurs plus cosmopolites comme Haendel) toute sa carrière s’est déroulée en Allemagne centrale. En plus de posséder une maîtrise exceptionnelle de l’orgue, il était également un virtuose dans d’autres instruments : ses dons pour le clavecin, le violon et l’alto impressionnaient tous ses auditeurs. Ses œuvres sont caractérisées par une invention mélodique de très grande qualité, ainsi qu’une science harmonique, un développement contrapuntique et un lyrisme de très haut niveau. Il reste le maître de la fugue, de la cantate religieuse, de la suite et du prélude de choral, des genres qu’il a grandement perfectionnés. Grâce à Bach, la musique baroque a connu son apogée.

Son héritage musical est très vaste. Même si Bach n’a pas créé de nouvelles formes musicales, ses œuvres présentaient un style qui était assez novateur pour son époque et qui synthétisait les principales traditions musicales européennes de son temps (venant d’Italie, de la France ou des pays germaniques). D’autre part, l’orgue et le clavecin occupaient une place centrale dans l’œuvre de Bach, puisque plus de 400 compositions sont destinées à ces instruments qui jouent également un rôle majeur en tant que soliste ou accompagnement dans les symphonies, les sonates ou les concertos.

L’un des aspects les plus fondamentaux de la musique de Bach se retrouve dans sa conception du prélude. Il s’agit d’une pièce instrumentale sans forme particulière et qui sert d’introduction aux œuvres musicales. Dans la tradition baroque, ce prélude précède généralement la fugue ou une suite de danses, mais sa structure et son écriture peuvent grandement varier. À titre d’exemple, il est essentiel de citer une œuvre capitale dans le parcours musical de Bach : le Clavier bien tempéré. Dans cette composition, la fugue précède 48 fois le prélude, et Bach emploie un style polyphonique sous plusieurs formes : sous l’ancienne forme de ricercare, sous la forme du bicinium ou encore sous la forme  d’imitations à plusieurs voix. Ainsi, Bach regroupe dans cette œuvre deux cycles de préludes et fugues : chaque livre offre ainsi un prélude et une fugue dans les 24 modes majeurs et mineurs. Ces deux livres très célèbres et fondamentaux pour la musique classique ont un objectif musical, certes, mais aussi didactique et théorique, comme l’illustre le titre du premier livre « […] Pour la pratique et le profit des jeunes musiciens désireux de s’instruire et pour la jouissance de ceux qui sont déjà rompus à cet art ».

Il est important de rappeler ici que cette œuvre fut écrite pour le clavecin et l’orgue : Bach magnifie l’utilisation de ces deux instruments et les amène vers des mélodies et des effets musicaux inédits jusqu’alors. Le Clavier bien tempéré est une œuvre extrêmement riche qui représente l’aboutissement de tout un travail de recherche et qui vaut à son compositeur le titre de meilleur contrapuntiste de tous les temps. Il s’agit d’une œuvre unique : aucun prélude ni aucune figure n’est semblable, ce qui permet d’obtenir une variété mélodique et rythmique exceptionnelle. Il est néanmoins nécessaire de préciser que Bach s’est sans doute inspiré de la collection de préludes et fugues du compositeur allemand J.C. Fischer, appelée Ariadne Musica, pour l’écriture de ses deux cahiers du Claver bien tempéré. D’autres compositions de Bach ont recours à ce format de prélude et fugue, comme Prélude et Fugue en la mineur (BWV 543) ou Prélude (Toccata) et Fugue en mi majeur (BWV 566). Néanmoins, le Clavier bien tempéré a été choisi par les plus grands musiciens comme exercice technique : Mozart, Chopin, Beethoven et bien d’autres ont admiré cette œuvre et l’ont toujours considérée comme l’exemple à suivre.

D’autre part, nous pouvons également citer la Toccata et Fugue en ré mineur (BWV 538) qui présente le même nom que la Toccata et fugue en ré mineur (BWV 565). Cette dernière est plus connue, mais la première se retrouve également sous le nom de Dorienne,  faisant référence à l’absence du bémol dans toute la pièce, une particularité que l’on ne retrouve pas habituellement dans une œuvre composée en ré mineur. La toccata BWV 538 est monothématique et débute sur un motif de doubles-croches qui se poursuit tout au long de la pièce. Elle comporte également des effets de concerto élaborés qui sont plutôt inhabituels. Bach introduit même des changements manuels de l'organiste, ce qui était une pratique inusitée à l’époque.

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