cours de piano Schubert

Schubert : la poésie en musique

Franz Schubert (1797-1828) est un compositeur autrichien qui a enrichi l’univers de la musique grâce son originalité, sa mélodie et son harmonie uniques, marquant ainsi une transition fondamentale entre le classicisme et le romanticisme. Son langage poétique a nourri chacune de ses compositions, et l’ampleur de sa contribution au monde de la musique est inestimable. En dix-sept ans à peine, il a composé plus de six cent lieder, treize symphonies, neuf opéras, plus de trente sonates pour piano et bien plus encore (plus de 600 œuvres avant l’âge de vingt ans !).

Schubert est particulièrement connu pour ses lieder (le pluriel du mot allemand lied). Ce type de composition unit trois éléments : la voix, le piano (ou l'orchestre) et le texte. Les thèmes les plus récurrents des lieder de Schubert sont l'amour, le deuil, la difficile condition humaine et la nature. En ce sens, le lied le plus connu de Schubert est Die Forelle (La Truite), une œuvre où le rôle du piano va bien au-delà du simple accompagnement. Cet instrument est un élément essentiel qui permet au compositeur de produire une œuvre emplie de poésie, de charme et d'attrait.

Le piano a également permis à Schubert d’agrandir son horizon créatif en mélangeant avec délicatesse les techniques les plus complexes avec un langage poétique sans pareil. Ses sonates pour piano les plus connues sont notamment la Sonate nº1 en mi majeur, D. 15, la Sonate nº6 en mi mineur, D. 566 et la Sonate nº 17 en ré majeur, D. 850 (op. 53). Les sonates de Schubert sont des œuvres de grande valeur qui rendent hommage au classicisme viennois à travers un langage personnel, subtil et poétique. Certaines pièces rappellent Beethoven, comme par exemple la Sonate en sol majeur.

Il est intéressant de se pencher en particulier sur quelques-unes de ces compositions qui ont chacune un caractère bien défini. La Sonate nº13 en la majeur, par exemple, comporte trois mouvement (Allegro moderato, Andante, Finale – Allegro), tandis que les sonates plus tardives de Schubert en comptaient quatre. Son thème reste serein et bienveillant, même si certains passages apparaissent plus tourmentés. La Sonate nº17 en ré majeur possède un ton beaucoup plus vif : la totalité de l’œuvre présente une joie conquérante et une énergie communicative. Cette composition s’organise autour de quatre mouvements : Allegro vivace en ré majeur, Con moto en la majeur, Scherzo : Allegro vivace en ré majeur et Rondo : Allegro moderato en ré majeur. Quant à la Sonate nº21 en si bémol majeur, il s’agit de la dernière sonate de Schubert, achevée en 1828. Elle se construit également autour de quatre mouvements et suit ainsi une structure plus classique. Cette œuvre rassemble néanmoins des couleurs et des jeux poétiques si intenses qu’elle a traversé les époques et qu’elle représente aujourd’hui encore l’un des monuments de la sonate pour piano.

Par ailleurs, Schubert a également réalisé d’autres pièces inoubliables pour piano, telles que Fantaisie en ut majeur « Wanderer » pour piano seul, D. 760 (op. 15), Six moments musicaux, D. 780 (op. 14) ou encore Trois marches militaires, D. 733 (1818). La Fantaisie en ut majeur « Wanderer » (1822) est une fantaisie pour piano présentant une structure en quatre mouvements traditionnels (allegro, adagio, presto et finale). Cette œuvre s’apparente également à la sonate, plus stricte dans la forme. Elle est considérée comme la composition la plus exigeante de Schubert au niveau technique. Des points d’orgue sont utilisés pour permettre la succession des quatre mouvements. Quant aux Moments musicaux, il s’agit de six pièces pour piano provenant d’une période créatrice tardive du compositeur : Moderato en ut majeur, Andantino en la bémol majeur, Allegro Moderato (Air russe) en fa mineur, Moderato en ut dièse mineur, Allegro vivace en fa mineur et Allegretto (Plainte d'un troubadour) en la bémol majeur. Environ vingt-cinq minutes sont nécessaires pour interpréter ces six pièces riches en émotions.

 Schubert mourut deux mois après avoir composé la Sonate nº 21 en si bémol majeur. Après quelques semaines de maladie, il rendit son dernier souffle à l’âge de 31 ans. Il reposa d'abord au cimetière de Währing avant d'être transféré dans le carré des musiciens au cimetière de Vienne, auprès de grands artistes tels que Gluck, Beethoven et Hugo Wolf.


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